Histoire de l’entrée des femmes en médecine (II/II)
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Ce texte a pour auteure : Natalie Pigeard-Micault.
Retrouvez la première partie de ce billet.
Des hommes et des femmes médecins
Parmi les professeurs de la Faculté de médecine, certains seront au fil des années de fervents défenseurs du droit des femmes à devenir médecin, comme Wurtz, Sappey, Broca, Landouzy, Verneuil. D’autres s’y opposeront longtemps : Béhier, Denonvilliers, Trelat, Moutard-Martin, Hardy1. Enfin certains auront une opinion moins tranchée comme Vulpian, Gosselin et Charcot. Charcot est intéressant dans la mesure où il représente clairement un courant de pensée de son époque. Le rapport de soutenance de thèse de Caroline Schultze en 1888, dont Charcot préside le jury montre comment un professeur peut à la fois signer une pétition en faveur de l’internat pour les femmes, tout en pensant que les femmes n’ont pas à exercer la médecine. Ce rapport explique peut-être aussi pourquoi Schultze l’a oublié dans ses dédicaces2. En effet Charcot utilise l’argument de la « nature » de la femme.
De par sa « nature » la femme n’a pas la force physique nécessaire au métier de médecin lorsqu’il s’agit de soulever le malade. C’est toujours la « nature » physique qui contraint la femme à être faible une semaine par mois durant ses menstruations. Comment pourrait-elle soigner alors qu’elle devrait se ménager ? Ensuite la « nature » esthétique constitue un nouvel obstacle. La femme est belle et délicate « par nature », en total contraste avec la vulgarité des corps qu’elle peut être amenée à soigner. La « sensibilité naturelle » de la femme constitue un troisième obstacle. Elle est profondément dégoûtée par la vue du sang, des corps découpés, de la saleté… Enfin la nature interdit aux femmes « les rôles qu’elles veulent remplir » à cause d’un quatrième obstacle, cette fois psychologique : le caractère très orgueilleux, ambitieux de la femme. « Ce n’est jamais un rôle secondaire qu’elles ont la prétention de remplir », quand elles veulent remplacer les hommes. Sinon, pourquoi ne pas se contenter d’être infirmière ou sage-femme ?
Cette nature féminine construite sur l’esthétique et le physique est l’argument de poids qui ressortira chez tous les opposants à l’admission des femmes, qu’ils soient professeurs ou journalistes. Mais pas seulement : les femmes elles-mêmes adhèrent à ce concept de « nature » féminine. Mme Gaël, pseudonyme pour Augustine Girault, publie en 1868 La femme médecin3. Néanmoins, bien que défenseur du droit des femmes à devenir médecin, l’auteur n’en rappelle pas moins que ses premières oppositions se fondent sur la « nature » de la femme. En définissant cette « nature féminine » exactement comme les opposants, l’auteur va essayer de montrer que c’est justement au nom de cette « nature » féminine que la femme peut être médecin. Gaël explique que c’est parce que la nature de la femme est dans la gestation et l’éducation des enfants que la femme a pour vocation de soigner ; ce que l’on peut voir chez certaines sages-femmes, sœurs de la charité ou même mères. Pourtant, l’auteur fait un retour en arrière dans son raisonnement et rejoint Charcot.
L’argument de Charcot repose, en plus, sur les notions d’ambition et d’exception. Pour Charcot, seules quelques femmes d’exception peuvent s’inscrire à l’École de médecine. Et Charcot peut croire à l’exception puisqu’elles ne sont encore qu’une centaine à la fin des années 1880. Mme Gaël adhère également à la notion de « femme exceptionnelle ». Elle avoue que la carrière médicale nécessite plus de performances que la carrière de sage-femme. Elle en vient alors à préciser que si certaines d’entre elles ont été élues pour la médecine, elles ne peuvent être que des exceptions : « Que ces vocations particulières trouvent une issue […] nous le trouvons parfaitement juste et rationnel […]. »
Clichés sur la femme médecin
Des articles concernant les femmes médecins, les revues scientifiques et médicales en publient. Mais c’est surtout la situation à l’étranger qui est présentée régulièrement dans cette presse4. Jamais l’existence d’étudiantes en France n’est évoquée. Tous se posent des problèmes théoriques sans faire allusion à la réalité française. Au moment de la première soutenance, celle d’Elizabeth Garrett, aucune revue ne commente l’événement, sauf cet entrefilet : « La Faculté de médecine de Paris vient de recevoir une doctoresse Miss Garrett »5. Les rares évocations tardives apparaissent dans les rubriques variétés6. C’est dans la presse et les ouvrages qui en sont issus que l’on peut voir comment se construit une image « cliché » de la femme-médecin.
[…] Cet accoutrement, (tablier plein de sang) ces salles infectes, ces débris humains, ces rudes travaux, font un contraste repoussant avec ces formes féminines. […] Ces jeunes femmes perdent toutes leurs grâces, tout leur charme, tout l’attrait de leur sexe. Ce ne sont plus ni des femmes ni des hommes7.
Ensuite la nature physique de la femme :
Et quand elles seront enceintes comment s’approcheront-elles de leurs malades avec leur gros ventre ?8
L’étude et la pratique de la médecine exigent des qualités viriles :
Pour être médecin il faut avoir une intelligence ouverte et prompte, une instruction solide et variée, un caractère sérieux et ferme, un grand sang froid, un mélange de bonté et d’énergie, un empire complet sur toutes ses sensations, une vigueur morale, et au besoin, une force musculaire. […] Ne sont-elles pas au contraire de la nature féminine9.
Le Journal de médecine et de chirurgie pratique en appelle à la morale sociale :
Les journaux de médecine s’escriment à l’envi au sujet de la femme médecin […]. Tout en étant d’avis, comme la plupart de nos confrères, que les femmes ne doivent pas exercer la profession médicale ; nous avons d’autres raisons. On dit les femmes incapables d’études répugnantes et pénibles qui nous sont imposées ; leur sensibilité plus grande les en écarte et leur intelligence ne serait pas assez vaste […]. Cela n’est pas juste, car l’expérience est faite. […] Quelle objection nous reste donc ? La seule vraiment grave. […] L’exercice de la profession est absolument incompatible avec sa vie de femme.
La femme médecin renoncera au mariage, soit ! Elle fera taire son cœur, ses sens […] étouffant tous ses instincts […] elle parviendra à faire d’elle-même un être qui ne sera plus une femme […] l’être moral aura subi une transformation absolue […]. Restera l’être physique10.
En juin 1875 :
La femme ne peut prétendre à parcourir sérieusement la carrière médicale […] qu’à la condition de cesser d’être femme : de par les lois physiologiques, la femme médecin est un être douteux, hermaphrodite ou sans sexe, en tout cas un monstre. Libre maintenant à celles que tentera cette distinction de chercher à l’acquérir8.
La Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie parle, elle, de « monstre androgyne ».11
Petit à petit, c’est la peur de la concurrence féminine qui mène le débat.
Le Journal de médecine et de chirurgie pratique précise de peur que les femmes médecins croient le contraire : « Ajoutons à notre tour qu’il est facile de prévoir qu’en France les femmes seraient exposées à un insuccès absolu au point de vue du résultat définitif8. »
En 1884, au moment du débat sur l’admission des femmes à l’internat, Manouvrier, journaliste à la Revue rose, qui prend publiquement position pour l’admission des femmes, évoque cette concurrence que craignent les opposants : « Il [l’opposant] dirait qu’il y a pour la corporation, du danger à laisser les femmes acquérir autant ou plus d’habilité qu’un médecin mâle dans les accouchements, dans les maladies des femmes et des enfants, belle source d’honoraires qu’on serait fâché de voir diminuer. »12
La sentence de la Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie pratique est sans appel. Clairvoyant sur le projet de Duruy, qui prévoit l’ouverture d’une école de médecine pour les femmes qui ne pourraient exercer ensuite qu’en pays colonisés, Dechambre fulmine.
Aujourd’hui […] voilà qu’un ancien ministre de l’Instruction publique entreprend de les recruter pour la profession médicale. […] il s’agit bel et bien de pousser les femmes à l’amphithéâtre et dans les hôpitaux et d’en faire des praticiennes. Le projet, il est vrai a été conçu à l’intention des turques par une très grande dame (princesse Eugénie) mais il s’étend aux algériennes et bientôt au monde entier. […]
Même si ce projet est limité puisque l’école ne délivrera pas de diplôme, elles pourront le passer à la faculté de médecine et pourront exercer où elles veulent et pas seulement dans les pays colonisés. […] il n’y a donc pas à s’y tromper, on tend, par ce premier pas, à généraliser chez le beau sexe l’étude et la pratique de la médecine. […]
À la rigueur, néanmoins, on peut concevoir l’utilité temporaire de femmes médecins dans ces contrées ; mais ni pour un temps, ni pour toujours, nous ne saurions admettre que le besoin s’en fasse sentir en France13.
L’avis des étudiants
L’histoire a retenu une partie du témoignage de Sorrel-Dejerine, selon laquelle les étudiantes auraient été systématiquement conspuées par les étudiants14. Les nouvelles étudiantes doivent attendre dans le vestiaire le professeur pour entrer dans l’amphithéâtre. Elles doivent se mettre au premier rang sous la protection du professeur. Malgré cette précaution, elles sont, paraît-il, huées et insultées. Un jour, lasses d’attendre le professeur pour entrer dans l’amphithéâtre, elles décident d’entrer seules et de s’asseoir non au premier rang dans l’hémicycle mais dans les gradins au milieu des étudiants. Cette démarche, inattendue, laisse les étudiants bouche bée et arrête leurs plaisanteries15. Même si la pétition de 1884 contre l’internat pour les femmes émane de quatre-vingt-dix élèves internes, il semblerait que cette attitude moqueuse et agressive soit loin d’être le fait de la majorité des étudiants.
Nous voulons aujourd’hui non pas une compagne un peu plus instruite, mais une égale, et nous lui donnons pour qu’elle le devienne, toutes les ressources qui étaient jusqu’ici notre apanage exclusif. […] Nous sommes fondés à croire que l’infériorité générale de ses aptitudes par rapport à l’homme a pour cause essentielle la différence d’éducation. […] Parmi les étudiantes que possèdent en ce moment notre Faculté, il n’en est pas une dont la conduite ne soit à l’abri du plus léger reproche, pas une dont la tenue, à l’hôpital, au cours, au pavillon, soit de nature à inspirer un autre sentiment que le respect, et, dois-je le dire ? L’admiration16.
Il en va de même à la Faculté de droit.
À la clôture des cours de la première année, Monsieur Colmet de Santerre, professeur de Droit civil, s’adressant aux étudiants, dit presque textuellement : “Nous avons hésité à accorder à Melle Bilcescu l’autorisation qu’elle demandait par crainte d’avoir à faire la police dans les amphithéâtres ; cette jeune fille dont l’assiduité est au-dessus de tout éloge, et la conduite exemplaire, s’est imposée à notre estime, vous l’avez respectée comme une sœur et nous vous en remercions”. Ces paroles ont été couvertes par un tonnerre d’applaudissements17.
Ces témoignages permettent de penser que les étudiants sont plus réceptifs à l’arrivée des femmes sur les bancs de l’université que les professeurs18. Cette acceptation de l’étudiante par l’étudiant est confirmée par les intéressées. Tout d’abord, dans la correspondance de Putnam qui note la complicité des étudiants pour passer ses examens, ensuite dans les dédicaces, parfois grandiloquentes, des thèses de ces dames.
Matilda Ayrton en donne un exemple : « Aux élèves qui depuis 1871 m’ont tant de fois prouvé que les mots “Liberté, Égalité, Fraternité” ne sont pas seulement gravés sur les murs, mais sont l’esprit même de notre école. »19
Ainsi sur les vingt-huit thèses soutenues par des femmes de 1870 à 1884, très peu oublient de dire un petit mot sur l’accueil qui leur a été fait, en dédicace ou dans le corps même de leur thèse, principalement en fin d’introduction. Un des soutiens qui ne peut-être nié car obligatoire est celui du mari de l’étudiante, quand celle-ci est mariée, ou celui du père pour les jeunes filles. »20
Des femmes médecins militantes
La conclusion de cette thèse s’impose : la seconde moitié du XIXe siècle a été signalée par un mouvement général d’émancipation intellectuelle et professionnelle des femmes. Toutes les nations civilisées ont fourni leur contingent féminin à l’étude et à la pratique des sciences médicales. Partout les femmes qui ont, à l’avant-garde, combattu pour leur émancipation intellectuelle et professionnelle ont eu des difficultés de toutes sortes à vaincre ; mais partout jusqu’à présent du moins, la victoire leur est demeurée21.
La conclusion de la thèse de Schultze sur l’histoire des femmes révèle une certaine combativité sociale et politique.
Certaines de ces étudiantes adhèrent entièrement aux revendications égalitaristes des féministes. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder les vies de Garrett et Putnam. Garrett tient des meetings au profit des suffragettes22. Elle deviendra, à Aldeburgh sur la côte du Suffolk, en 1908, la première maire d’Angleterre23. Mary Putnam adhère réellement au socialisme avec la Commune de Paris. Rentrée aux USA, elle aidera Élie Reclus, réfugié en Italie, puis à Zurich, après la Commune, à partir aux États-Unis en 187624. Parmi les femmes de l’École de médecine de Paris, il faut également noter la présence de Sophie Ananief, la femme de Kropotkin, qui quittera le laboratoire de chimie de Wurtz en 1882 avant d’avoir soutenu sa thèse pour rejoindre son mari interné à Claivaux25.
Pourtant, d’autres et principalement les Françaises n’affirment aucun parti pris féministe comme Madeleine Brès qui se refuse à être reconnue comme telle. Entre 1870 et 1884 treize thèses féminines sur vingt-huit ont trait aux problèmes de l’accouchement, de l’enfant ou de la femme. Sur les sept doctoresses françaises, cinq traitent dans leur thèse d’un de ces sujets dits féminins. L’unanimité des protagonistes du débat sur la femme-médecin se fait lorsque que l’on parle des malades. Pour la très grande majorité des intervenants favorables à la femme-médecin dans le débat, celle-ci n’a sa raison d’être que pour les maladies des enfants et des femmes. Certaines doctoresses se verraient bien exclusivement médecins des femmes. Madame Brès, après sa thèse, ouvre une crèche et donne des cours sur l’hygiène des enfants et des femmes. La première phrase de sa thèse est très parlante sur ce sujet : « Mon intention ayant toujours été de m’occuper d’une manière exclusive des maladies des femmes et des enfants. »26
L’introduction de la thèse de Franceline Ribard, soutenue en 1876 sur le drainage de l’œil est de ce point de vue aussi révélateur :
Dès le début de mes études médicales, j’eus l’intention formelle de me livrer plus tard exclusivement à la pratique des maladies des femmes et des enfants. […] Cependant lors de mon séjour dans les hôpitaux de Paris, je m’aperçus bien vite que les affections des yeux occupaient une large place dans les maladies déjà si nombreuses de l’enfance27.
L’image mise en avant sur la page d’accueil provient de l’article “La première doctoresse française : conversation avec Mme Madeleine Brès, docteur en médecine“, La Chronique médicale, vol. 2, n°7, p. 193-196, 1895.
- Lipinska, Mélanie, Histoire des femmes médecins : thèse de doctorat en médecine, Paris : G. Jacques & Cie, 1900, p. 424. [↩]
- Molinari, G. de « femmes-avocats et femmes-médecins », Journal des économistes, n° de janvier 1889, pp. 170-172. [↩]
- Gaël, A., La femme-médecin, sa raison d’être, au point de vue du droit de la morale et de l’humanité, Paris : Le dentu, 1868. 103 p. [↩]
- Articles : « Les femmes de l’université de Zurich », Gaz. Hebd. med. chir., n° 35 du 30 août 1872 p. 575. ; V. Meunier, « Enseignement secondaire des filles », Cosmos du 18 janvier 1868, p. 27. ; V. Meunier, « Faits divers : les femmes médecins », Cosmos du 2 mai 1868, p. 26. [↩]
- Gaz. hebd. med. chir., n° 27 du 8 juillet, 1870, p. 432. [↩]
- « La Faculté de médecine de Paris se sentant vieille, devient libérale. Il y a quelques années, elle n’accorda pas à Mlle Patnum (sic pour Putnam) l’autorisation de passer ses examens devant elle. Il fallut que le Ministre intervint ; mais le précédent créé pour Mlle Patnum a été appliqué depuis à miss Elizabeth Garret (sic pour Garrett), et il n’y a plus de raison pour que la France se montre, à cet égard, plus exclusive que l’Amérique et les principales nations de l’Europe ». « Article 8041 », J. méd. chir. prat., juillet 1870, p. 334. [↩]
- Richelot, G., La femme-médecin, Paris : E. Dentu, 1875, p. 11. [↩]
- Ibid. [↩] [↩] [↩]
- Richelot, G., La femme-médecin, Paris : E. Dentu, 1875, p.43 et suiv. [↩]
- Lucas-Championnaire, Just, « article 9997 » J. méd. chir. prat., n° de juin 1875. p. 241-242. [↩]
- « Feuilleton », Gaz. hebd. med. chir., n°38 du 20 sept 1872,. pp. 409-421. [↩]
- Manouvrier, « L’internat des femmes », Revue rose, 1884, p. 594. [↩]
- Dechambre, Gaz. hebd. med. chir., n°28 du 15 juillet 1870 p. 433. [↩]
- Sorrel-Dejerine, Yvonne, « Centenaire de la naissance de Melle Klumpke », Association des femmes médecins, n°8, 1959. p. 14. [↩]
- Constance, Joël, Les filles d’Esculape, Paris : R. Laffont, 1988. p. 124. [↩]
- Richelot, Gustave, La femme-médecin, Paris : E. Dentu, 1875. p. 43 et suiv. [↩]
- Sarmiza-Bilcescu, Melle a été interviewée par Edmée Charrier, L’Évolution intellectuelle féminine, Paris : Mechelinck, 1931. p.157. [↩]
- Cette idée est défendue par Carole Lécuyer, Une nouvelle figure de la jeune fille sous la IIIe République : l’étudiante, CLIO, N°4-1996 [en ligne]. http://clio.revues.org/document437.html. Autre témoignage donné par Charrier et allant dans ce sens : témoignage anonyme de la première auditrice de la Faculté de droit de Paris. Sous le décanat de Colmet d’Aage, l’assemblée des professeurs accorde à la future auditrice de venir écouter le cours du professeur Otrolan qui accepte d’assumer la responsabilité du maintien de l’ordre. Après un long sermon aux étudiants, la veille, la femme entre avec ses deux gardes du corps, son mari et le secrétaire de la Faculté. « Lorsque la dame parut, ils ne prêtèrent aucune attention à son entrée : elle se plaça au milieu d’eux, prit des notes, et à la fin du cours, se retira comme les autres auditeurs. […] Le mari ne tarda pas à cesser d’accompagner sa femme, et le secrétaire suivant son exemple rentra dans ses bureaux. Mais une importante expérience avait été faite, dans laquelle les étudiants avaient donné preuve du meilleur esprit […] ». Voir Charrier, Edmé, L’évolution intellectuelle féminine, Paris : A. Mechelinck, 1901. pp. 176-178. [↩]
- Ayrton, Mathilda, Recherches sur les dimensions en générales et sur le développement du corps chez les Japonais, thèse de médecine, imp. A. Parent, 1879. [↩]
- Berladsky, Anastasie écrira : « À mon meilleur ami, mon mari », Étude histologique sur la structure des artères, thèse de médecine, imp. A. Parent, 1878. [↩]
- Schultze, Caroline, La femme médecin au XIXe siècle, Paris : Ollier-Henry, 1888. p. 76. (Conclusion). [↩]
- Richelot, Gustave, La femme-médecin, Paris : E. Dentu, 1875. p. 28 et 43. [↩]
- Anonyme, « Elizabeth Garrett Anderson (1836-1917) » [en ligne : http://www.bbc.co.uk/history/historic_figures/garrett_anderson_elizabeth.shtml] Consulté le 15 décembre 2006. [↩]
- Maitron, Jean, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français [Ressource électronique, CD Rom], article sur Élie Reclus. [↩]
- Kropotkine, Pierre, Autour d’une vie : mémoires d’un révolutionnaire ; Brandès, G. pref. s. l. : s.n. s.d., [en ligne] http://kropot.free.fr/Kropotkine-Vie.htm. Consulté le 20 septembre 2006. [↩]
- Brès, Madeleine, De la mamelle et l’allaitement, thèse de médecine, Paris : imp. A. Parent, 1875. 100 p. [↩]
- Ribard, Franceline, Du Drainage de l’œil dans différentes affections de l’œil et particulièrement dans le décollement de la rétine, Paris : imp. A. Parent, 1876. 40 p. [↩]
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Natalie Pigeard-Micault (1 octobre 2007). Histoire de l’entrée des femmes en médecine (II/II). Panacée. Consulté le 13 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/167ld


