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Les prix de fondation de l’École supérieure de pharmacie de Paris

Cette série de billets reprend les présentations d’ouvrages et de collections qui se trouvaient dans l’ancienne bibliothèque numérique Medica. Ils donnent un éclairage précieux sur certaines collections et certains ouvrages présents dans Numerabilis.
NB. Le carnet Panacée existe depuis 2024. Ce billet a été publié une première fois sur Medica en novembre 2014. Nous n’avons pas modifié son contenu à l’exception des liens actualisés.

Ce texte a pour auteur : Philippe Galanopoulos

Liste des ouvrages numérisés

 

Plantes purgatives indigènes,par Simone Chemla. Mémoire présenté pour le prix Ménier de 1954.

Plantes purgatives indigènes,
par Simone Chemla.
Mémoire présenté pour le prix Ménier de 1954.

Parmi les prix décernés depuis le milieu du XIXe siècle par l’École supérieure de pharmacie de Paris, il faut distinguer les prix dits de l’École, les prix de travaux pratiques et les prix de fondation.

  • Les prix dits de l’École ont été institués par un décret du 21 avril 1869 pour récompenser les élèves inscrits en 1ère, 2e ou 3e année, ayant obtenu la meilleure note lors de différentes épreuves de composition.

  • Les prix de travaux pratiques ont été institués au même moment pour récompenser les élèves ayant obtenu le plus grand nombre de points aux manipulations au cours de l’année scolaire et ayant fait preuve à la fois d’assiduité et de bonne tenue de leurs cahiers d’exercices.

  • Les prix de fondations sont, quant à eux, des prix spéciaux fondés à l’École supérieure de pharmacie de Paris par des particuliers.

À la BIU Santé, la collection des mémoires présentés pour un prix de fondation s’élève à plus de 200 pièces. C’est une collection relativement importante, mais incomplète, qui possède en outre la particularité d’être constituée dans de nombreux cas par l’ensemble des mémoires déposés, et non par le seul mémoire ayant obtenu le prix. Les prix de fondation concernés sont : le prix Menier, le prix Laillet, le prix Laroze, le prix Lebeault, le prix Desportes, le prix Buignet, le prix Flon, le prix Goblet, le prix Métadier (voir détail ci-dessous). D’autres prix de fondation, non représentés dans les collection de la BIU Santé, ont été institués au cours du temps, en particulier : le prix Demarle, le prix Jean Faure, le prix Louis Dorchy, le prix Fraisse, le prix G. Robert et J. Robert, et le Legs Le Mettais, auxquels il faut ajouter diverses fondations d’études et de recherches.

Prix Menier – Matière médicale

Historique. Par une lettre en date du 4 novembre 1859, M. Menier, pharmacien droguiste à Paris, offrait à l’École supérieure de pharmacie de Paris un coupon de rente de 500 francs pour la fondation d’un prix spécial de matière médicale à décerner annuellement sous son nom. Un décret du 17 décembre 1859 autorisa l’École de pharmacie de Paris à accepter cette fondation. Un arrêté ministériel en date du 17 février 1866 autorisa l’École à décerner au lauréat du prix Menier une médaille d’argent dont la valeur serait également prélevée sur les arrérages de la rente. Enfin, par une décision ministérielle du 27 octobre 1877, la valeur annuelle du prix Menier fut portée à 600 francs, plus une médaille d’argent. Par la suite, la valeur annuelle du prix a été successivement réévaluée.

Concours. Le concours comporte trois épreuves : 1) Une dissertation écrite en français ou mémoire sur un sujet d’histoire naturelle médicale donné chaque année par l’École, au mois de novembre ; 2) La reconnaissance d’un certain nombre d’objets de matière médicale ; 3) L’histoire particulière, faite oralement, de quelques-unes des substances précédentes, en indiquant les meilleures sortes commerciales, les falsifications dont elles peuvent être l’objet et les moyens de les reconnaître.

Prix Desportes – Botanique

Relevé des notes des élèves deseconde année inscrits pour le prix Buignet de 1892.

Relevé des notes des élèves de
seconde année inscrits pour le
prix Buignet de 1892.

Historique. M. Eugène-Henri Desportes, membre de l’Académie de médecine, par un acte notarié en date du 3 décembre 1874, a fait don à l’École supérieure de pharmacie de Paris d’un titre de rente de 700 francs pour la fondation d’un prix annuel. Un décret du 22 janvier 1875 autorisa l’École à accepter cette fondation. En outre, un arrêté en date du 14 juillet 1875, portant règlement du concours, disposait que le prix Desportes, consistant en une somme de 700 francs, serait décerné à l’élève « qui se serait distingué dans les travaux pratiques de Micrographie, dans les études de Botanique générale, anatomie, organographie et physiologie et dans la connaissance des plantes ». Par la suite, la valeur annuelle du prix a été successivement réévaluée.

Concours. Le concours comprend trois épreuves :

  • Des travaux exécutés pendant l’année scolaire dans le laboratoire de Micrographie ; plus, une épreuve spéciale avec rédaction et dessin ;
  • Une composition écrite sur un sujet de Botanique générale ;
  • La détermination de soixante plantes choisies parmi les espèces médicinales usuelles et celles de la flore française.

Prix Henri Buignet – Physique

Historique. Par un acte notarié en date du 19 mai 1877, Mme Amélie Louise Halays, veuve de M. Henri Buignet, en son vivant professeur de physique à l’École supérieure de pharmacie de Paris, faisait donation à ladite École d’un titre de 1000 francs de rente pour la fondation de deux prix annuels de physique : l’un de 600 francs et l’autre de 400 francs. Un décret en date du 18 juillet 1877 autorisa l’École à accepter cette donation. Par la suite, la valeur annuelle du prix a été successivement réévaluée.

Concours. Le concours consiste en une épreuve écrite sur un sujet de physique. Les candidats devront montrer qu’aux connaissances pratiques acquises aux manipulations, ils joignent la connaissance des notions théoriques enseignées au cours de physique.

Prix Lebeault – Pharmacie et zoologie

Historique. Par testament olographe en date du 22 octobre 1874, M. Joseph Lebeault, pharmacien à Paris, décédé le 20 juin 1875, léguait à l’École supérieure de pharmacie de Paris une somme de 10 000 francs, dont l’acceptation au nom de l’État fut autorisée par un décret du 8 février 1877. La valeur du prix fut ultérieurement fixée à 500, puis à 600 francs. Par la suite, la valeur annuelle du prix a été successivement réévaluée.

Concours. Le concours porte alternativement sur la Pharmacie et sur la Zoologie médicale. Il comprend une composition écrite et une épreuve pratique. Pour la Pharmacie : l’épreuve écrite porte sur un sujet de Pharmacologie générale ; l’épreuve pratique consiste en une reconnaissance de dix composés galéniques et de dix composés chimiques. Pour la Zoologie : l’épreuve écrite a pour sujet la Zoologie appliquée à la médecine ; l’épreuve pratique consiste dans la détermination de vingt produits animaux afférents à la matière animale.

Prix Laillet – Pharmacie et zoologie

Historique. Par son testament en date du 4 mars 1866, M. Frédéric-Edmée Laillet, ancien pharmacien à Paris, léguait à l’École supérieure de pharmacie de Paris une somme de 20 000 francs pour la fondation de deux prix annuels d’une valeur de 500 francs. Par décret du 20 avril 1876, l’École fut autorisée à accepter ce legs. Toutefois, en suite d’un jugement rendu par le tribunal de Pithiviers, le 7 janvier 1881, le montant dudit legs fut réduit à la somme de 14 278 fr. 50. En conséquence, par un arrêté du 24 mars 1882, fut institué un seul prix annuel porté à 600 francs et affecté alternativement à la Pharmacie et à la zoologie. Par la suite, la valeur annuelle du prix a été successivement réévaluée.

Concours. Le concours comprend trois épreuves : 1) Une composition écrite sur un sujet déterminé par l’École ; 2° Une épreuve orale ; 3) Une épreuve de reconnaissance.

Sur quelques glycols bitertiairessymétriques, par Maurice Bouvet. Thèse pour l’obtention du diplôme de docteur de l’Université (Pharmacie), présentée au prix Laroze de 1914.

Sur quelques glycols bitertiaires
symétriques, par Maurice Bouvet.
Thèse pour l’obtention du diplôme de docteur de l’Université (Pharmacie),
présentée au prix Laroze de 1914.

Prix Laroze – Analyse qualitative ou quantitative en chimie

Historique . Par un testament olographe du 20 avril 1868, M. Paul Laroze, ancien pharmacien, décédé à Paris le 27 février 1871, a légué à l’École supérieure de pharmacie de Paris la somme de 10 000 francs pour la fondation d’un prix annuel de 500 francs devant récompenser le meilleur mémoire « sur l’analyse qualitative ou quantitative » permettant « de prévenir les erreurs dans les rapports ou analyses chimiques ». Un décret en date du 31 janvier 1874 autorisa l’acceptation du legs par l’École. Par la suite, la valeur annuelle du prix a été successivement réévaluée.

Concours. L’école désigne chaque année et affiche la branche de la science dans laquelle les candidats devront choisir leur sujet.

Prix Gobley biennal – Sciences pharmacologiques

Historique. M. Gobley, membre de l’Académie de médecine, ancien agrégé de l’Ecole supérieure de pharmacie de Paris, décédé le 1er septembre 1876, léguait à ladite École, par un testament olographe en date du 28 novembre 1872, une rente annuelle et perpétuelle de 1 000 francs destinée à fonder un prix de 2 000 francs qui serait décerné tous les deux ans. L’acceptation de cette fondation fut autorisée par décret du 26 juin 1877. Par la suite, la valeur annuelle du prix a été successivement réévaluée.

Concours. Le concours porte sur un sujet proposé par l’École qui se rattache aux « sciences pharmacologiques ». Toutefois, la désignation d’un sujet par l’École n’exclut pas les travaux spontanés des concurrents.

Prix Flon – Chimie et physique appliquée

Historique. Par un testament olographe, en date du 20 août 1846, M Pierre-François-Henri Flon, ancien pharmacien, décédé à Paris le 5 juillet 1851, a légué à l’École supérieure de pharmacie de Paris une somme de 16 000 francs pour fonder, sous son nom, un prix annuel et perpétuel en faveur du « meilleur mémoire sur une question de chimie ou de physique appliquée aux arts et à l’industrie, alternativement ». Par un décret du 8 juin 1854, délibéré en Conseil d’État, l’École fut autorisée à accepter ledit legs et à organiser un concours pour l’attribution d’un prix de 900 francs. Par la suite, la valeur annuelle du prix a été successivement réévaluée.

Concours. La question à traiter par les candidats est arrêtée par le Conseil de l’École et fait l’objet d’une publication pour chacune des spécialités scientifiques désignées par le fondateur.

Prix Métadier – Phytopharmacie

Ce prix est décerné chaque année à l’auteur du meilleur travail intéressant la Phytothérapie. Son montant peut être proportionné à l’importance et à la valeur du travail subventionné.

Sources

Guide scolaire et administratif de l’étudiant en pharmacie : années 1885-1920.

Programmes d’études et renseignements scolaires : années 1948-1949 ; 1953 ; 1957.

L’image mise en avant sur la page d’accueil est une photographie de la façade principale de l’École supérieure de pharmacie de Paris, avenue de l’Observatoire, à la fin du XIXe siècle. Document aimablement communiqué par la Société d’histoire de la pharmacie. BIU Santé.

Philippe Galanopoulos
Philippe Galanopoulos

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Philippe Galanopoulos (1 novembre 2014). Les prix de fondation de l’École supérieure de pharmacie de Paris. Panacée. Consulté le 12 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/16bft


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